Daily Archives: 28 February 2012

content-php

March 28 in Brussels: final concert in a series presenting the complete Beethoven violin sonatas with Abdel Rahman El Bacha. Augustin Dumay talks about the works, the composer and music in general

dumay-el-bacha-300x240

dumay-el-bacha-300x240Les sonates

Ces sonates nous emmènent en voyage… Elles nous invitent à une ascèse, une consécration spirituelle. Elles nous permettent de faire le point sur l’évolution musicale de Beethoven, ou la nôtre, et expriment aussi inévitablement une prise de position. Leur auteur nous offre une merveilleuse occasion de développer des thèmes essentiels, dans une relation entre la musique et la spiritualité. Elles ont été écrites dans un langage universel, ce qui les rend si difficiles et exigeantes à interpréter, car il faut pouvoir s’adresser à l’humanité tout entière sur un ton juste. Bach parle à Dieu. Schubert s’adresse à l’intimité de chacun d’entre nous. Mozart a développé tout un dialogue social opératique. Beethoven touche la part spirituelle de notre humanité. Pour les interprètes, il y a là un véritable défi à relever : être capable d’évoquer l’humain, ses nuances et ses oppositions, sans devenir sentimental. Il nous faut trouver des solutions qui soient justes et perceptibles pour la société humaine en général, dans une approche qui requiert paradoxalement une très grande proximité et une très grande distance.

 

Beethoven

Il y a deux dimensions importantes chez Beethoven : l’architecture et une forme de distance ou de lucidité par rapport au monde. Comment être philosophe sans distance ? Ce qui pourrait arriver de pire à Beethoven serait d’être joué de manière romantique ou sentimentale. C’était un homme très solitaire qui avait des rapports difficiles aux autres. Sa relation à l’amour a été tragique. Solitude et exigence s’y dressent en conditions existentielles prédominantes. Le conflit est permanent dans son œuvre. Certains moments, plus terriens, moins dramatiques, peuvent exprimer l’insouciance. Ils évoquent le pouvoir réconfortant de la nature, qui nous tend la main et nous aide à faire face à notre destin.

 

La musique classique

La question à nous poser aujourd’hui est : comment faire pour que la musique classique ait toujours sa place dans nos vies ? Les évolutions technologiques, la rupture de la transmission, à travers laquelle l’héritage classique perdure… font qu’il ne suffit plus aux salles de concert d’attendre leur public. Nous devons porter la musique vers les gens. Autrefois, la musique faisait partie de la culture familiale. On peut effectivement constater une baisse du niveau de culture en général, mais la musique n’est pas que de la culture, elle est essentiellement l’expression de la vie. Et donc du plaisir, du bonheur, l’impatience, la peine,… toutes les émotions. Notre rôle à nous, ses transmetteurs, est de la porter dans la rue, dans les écoles, pour faire découvrir au public toute sa richesse et toute sa raison d’être aujourd’hui.